La citation du moment

"Les femmes préfèrent être belles plutôt qu'intelligentes, parce que chez les hommes, il y a plus d'idiots que d'aveugles" - Yvonne PRINTEMPS

jeudi 31 janvier 2008

Quelques (débuts de) pistes de réflexion

L’Union Européenne n’est jamais parvenue, en quarante ans, à mettre en place une filière locale de substitution au soja. Sortir du modèle « soja » suppose donc une réorientation de grande envergure des politiques agricoles, au Nord (PAC) comme au Sud.



Le développement des biocarburants va entraîner une disponibilité accrue des co-produits riches en protéines comme les tourteaux de colza et les drèches de blé. A terme les biocarburants devraient donc considérablement modifier le marché des matières riches en protéines.


La réorganisation des circuits globaux (éleveurs, céréaliers, coopératives…) permettrait de mieux organiser les productions et de mieux suivre les flux de matière entre les zones d’élevage et les zones céréalières.


La mise en place de filières non OGM et OGM permettrait quant à elle de valoriser les filières animales exemptes de produits transgéniques grâce à un étiquetage. Aujourd’hui, il est en effet impossible de savoir si les produits issus de l’élevage proviennent d’animaux nourris ou non avec des OGM.


Un renouveau de la culture des protéagineux : féverole, pois, lupin… et même soja, grâce à des aides spécifiques, diminuerait la dépendance aux tourteaux de soja importés.


Une meilleure valorisation des prairies associant graminées et légumineuses constituerait l’alternative la plus solide pour une plus grande autonomie des élevages bovins.


Pour les élevages de monogastriques (en particulier porcs et volailles), le problème est plus compliqué. Supprimer le soja dans les élevages conventionnels supposerait un changement du mode de production, et l’allongement des périodes de croissance. Une solution, qui en fera hurler plus d’un, est avancée par le Dr Jean-Louis Thillier (expert européen pour les maladies à prion) : il s’agit de la réintroduction des farines animales pour les animaux omnivores. Aujourd’hui, " rien ne s’oppose scientifiquement à réutiliser les farines animales, plus particulièrement pour les volailles et les porcs qui en ont le plus besoin dans les conditions actuelles d’élevage. A condition, bien sûr, que, dans leur fabrication, on n’utilise pas les carcasses d’ovins et de caprins dont les rates n’ont pas été testées afin d’y rechercher les agents des EST (encéphalopathies spongiformes transmissibles), et à condition aussi que les matériaux à risques (cervelles, etc…) aient été retirés. Enfin le passage à l’autoclave est indispensable. "

Organisation d’une filière "soja de qualité" en Amérique du Sud : soja issu de petites exploitations familiales, cultivé dans le respect de l’environnement et non OGM.

La folie du soja... ou comment s'orienter vers une autonomie en protéines des élevages européens ?




Historiquement, l’alimentation animale (ruminants) se constituait d’herbe (apport d’énergie) et de luzerne (apport d’azote), éventuellement complétée par des tourteaux d’arachide et des farines animales également riches en protéines. Etant données les faibles disponibilités en arachide et l’interdiction des farines carnées en 2000, et afin de répondre à la demande croissante en viande, l’herbe est aujourd’hui souvent remplacée par le maïs ensilé très riche en énergie, et l’apport en protéines est assuré par les tourteaux de colza, tournesol et soja.

L’Union Européenne (UE) est le premier importateur mondial de protéines végétales car elle ne produit qu’un quart de ses besoins . La diminution de cette dépendance est aujourd’hui un enjeu pour ceux qui souhaitent réorienter l’agriculture. Cependant, l’exonération des droits de douane pour les importations de soja américain depuis les années 60 et un accord conclu entre les Etats-Unis et l’UE au début des années 1990 qui limite la surface européenne de cultures d’oléagineux et de protéagineux à la moyenne cultivée pendant la période 1989-1991 (5.1 millions d’ha) n’ont pas facilité cette tâche. À Blair House, les Européens ont donc renoncé à limiter leur dépendance en protéines végétales vis-à-vis des États Unis, du Brésil et d’autres pays, pour se concentrer sur la monoculture des céréales. En théorie, cet accord tient toujours puisqu’il n’a jamais été dénoncé par aucune des deux parties. Bruxelles n’en a jamais confirmé le caractère caduque, en dépit de l’alignement des aides directes pour les plantes oléagineuses sur celles des céréales, et de l’introduction du découplage des aides à la production.

En 2004-2005, l’UE importait 23.2 millions de tonnes de tourteaux de soja en provenance des Etats-Unis, du Brésil et de l’Argentine. Face à ses trois grands fournisseurs, l’Europe est très vulnérable pour ses approvisionnements. De plus, les récents débats portant sur le refus des OGM condamnent le soja outre atlantique qui est essentiellement transgénique.

Le développement très important de cette culture en Amérique latine a des coûts humains et environnementaux très lourds. Pour n’en citer que quelques uns : paupérisation, exode rural dus à l’expulsion de leurs terres des communautés rurales et des Indiens au profit des grands propriétaires. Au Brésil, 1% de la population concentre 47% des terres… Les petits paysans viennent gonfler la pauvreté des villes. De plus, la monoculture du soja se fait au détriment des cultures vivrières : depuis les années 1970, le soja prend le pas sur le riz, le haricot, le manioc ou le maïs. La destruction de l’agriculture familiale signifie aussi des destructions d’emplois : l’exploitation de 200 ha de soja ne correspond qu’à un emploi fixe (contre 15 ha pour l’agriculture familiale du Sud du pays), et cette main d’œuvre est largement exploitée.

La culture du soja pose également des problèmes sanitaires du fait des épandages toxiques de produits phytosanitaires (Round-up sur les variétés OGM Round-Up Ready). Ces quantités épandues augmentent plus vite que la production.

Les dégâts écologiques sont également considérables. La monoculture appauvrit énormément les sols d’Amérique du Sud. Dénudés, ils sont livrés au soleil direct, érodés par les pluies et compactés par les machines.
Les ressources hydriques ne sont pas appauvries car le soja ne s’irrigue pas ; cependant, elles sont très perturbées : crues soudaines des rivières par ruissellement, ensablement, pollution de l’eau par des résidus de pesticides et d’engrais…

Pour permettre d’étendre la culture du soja, les déforestations sont nombreuses. Depuis 1998, 135 000 km² de forêt amazonienne brésilienne ont disparus au bénéfice de cette culture. On estime que le Brésil dispose encore de 155 millions d’hectares disponibles pour la culture du soja, dont 80 millions actuellement utilisés en pâturages et 75 millions de terres non exploitées, c'est-à-dire dans la forêt amazonienne (10 millions d’hectares) et dans les savanes (les cerrados).

L’élevage européen peut-il s’affranchir (au moins partiellement) du soja ? Quelles sont les alternatives par type d’élevage (ruminants/monogastriques) en prenant en compte les contraintes zootechniques, agronomiques, économiques et de surface? Quels seront les impacts de ces alternatives sur la qualité de l’eau ? Comment la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) peut-elle encourager cette remise en question du modèle d’élevage européen ? Pour l’Amérique latine, l’agriculture est le moyen de prendre position dans l’économie mondialisée (le Brésil exporte les trois quarts de son soja et l’Argentine 100%), quels seront les impacts d’une baisse des importations européennes sur la situation économique de ces pays ?

De nombreuses questions, auxquelles il faudra bien, un jour, répondre... Et le plus tôt sera le mieux !

mardi 29 janvier 2008

Le guide de l'éco-électeur de Nicolas Hulot

Au regard de 7 enjeux écologiques majeurs d'une commune, un guide pour prendre conscience des défis à relever, connaître les leviers d'action du maire, découvrir des “bonnes” pratiques et mobiliser les candidat(e)s aux élections municipales tout en s'impliquant dans la vie locale.






Les 7 enjeux à relever sont :


  1. Vivre en harmonie avec la nature

  2. Se nourrir dans le respect homme-nature

  3. Eco-habiter et éco-construire

  4. Se déplacer en douceur

  5. Réparer, réutiliser, réduire et recycler

  6. Favoriser une éco-économie solidaire

  7. Associer tous les acteurs


Alors, allez-y, c'est le moment, participez à la vie locale de votre commune, posez les bonnes questions aux candidats à la mairie, présentez-vous pour défendre vos idées, diffusez ce guide autour de vous et soutenez cette campagne en signant le Pacte écologique si ce n'est déjà fait !



http://www.pacte-ecologique.org/




A utiliser sans modération avant, pendant et après les élections municipales !

mercredi 23 janvier 2008

Quotas de pêche : le Président sème le trouble (par le WWF)


« Travailler plus pour gagner plus » est-il un slogan adapté à la pêche? En effet, à trop pêcher, on prend le risque de ne pêcher bientôt plus rien et de condamner à moyen terme l’ensemble d’une filière à un chômage certain… En effet, l’abolition des quotas permettra dans un premier temps aux entreprises de pêche de renouer à court terme avec des bénéfices mais très rapidement, la surpêche engendrée ne pourra aboutir qu’à l’amenuisement voire à la disparition des stocks de poissons et par effet domino à la perte d’emploi pour les marins pêcheurs.
La pêche n’est pas une activité de production comme les autres. C’est une activité de cueillette qui dépend de la capacité de la nature à se régénérer. Cette régénération demande du temps. De plus, l’évaluation économique de la viabilité des quotas prend rarement en compte les prescriptions scientifiques.
Lors du Grenelle de l’Environnement, le Président de la République avait mis justement en avant la nécessaire application du principe de précaution et la volonté de prendre plus en compte dans la décision publique l’avis des parties prenantes. L’effet d’annonce de ce week-end ne nous semble pas aller dans ce sens mais au contraire être clairement grenello-incompatible.
Après l’annonce la semaine dernière du « plan pêche 2008 » qui comprend une vision à long terme pour le secteur, le WWF France se demande quel est le sens de cette déclaration. Pour Charles Braine, responsable du programme pêche durable au WWF France, « Une gestion de la pêche durable et l’urgence électorale ne font pas bon ménage. Le Président de la République pare au plus pressé afin d’éviter une nouvelle crise avec la profession » .

Tout le monde fait le constat de l’échec de la politique commune des pêches (PCP) en ce qui concerne la gestion des ressources et le maintien des emplois. Les emplois n’ont pas pu être préservés et dans le même temps, les avis scientifiques n’ont jamais été suivis en ce qui concerne la préservation des stocks de poissons. Au-delà de ce constat partagé, il convient de trouver des mesures satisfaisant toutes les parties et trouvant l’assentiment de nos partenaires européens.
La situation de la pêche est trop préoccupante et complexe pour être gérée à coup d’effet d’annonce.

dimanche 20 janvier 2008

"Depuis le 1er janvier, il est interdit de fumer mais pas de faire des discours fumeux…" (Aurélie Filippetti, porte-parole du PS)

Le 08 janvier 2008, devant 600 journalistes et l’ensemble du gouvernement convié… ou convoqué, comme le dit David Pujadas, Nicolas Sarkozy offre une conférence de presse digne d’un discours de campagne, en guise de vœux à la presse. Il l’a promis, juré, craché, il répondra à toutes les questions, même sur sa vie privée. Aux risques d’éclipser des sujets tels « l’évaluation » des ministres par un cabinet privé, la laïcité, la proposition de mesures concrètes pour la relance du pouvoir d’achat des Français… Sujets autrement plus sensibles et intéressants que ses balades main dans la main avec une ex top model.
Voyons donc qu’elles ont été les propositions de ce candidat à la présidentielle. Comment ça, il est déjà élu ?

N.B. : Les commentaires se trouvent sous les vidéos mises en ligne le 15 janvier.

mardi 15 janvier 2008

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (7 sur 7) Questions 4

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (6 sur 7) Questions 3

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (5 sur 7) Questions 2

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (4 sur 7) Questions 1

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (3 sur 7) Travail, Union Européenne, Politique internationale... et voeux à la presse



Travail

Sarkozy souhaite revaloriser la valeur travail (avant de s’attaquer aux valeurs famille et patrie ?).
Il propose que le succès des entreprises soit mieux réparti entre les salariés et les actionnaires. Pour cela les exonérations de charges seront basées sur l’intéressement et la participation des salariés en 2008.
« On ne peut défendre toutes les entreprises, toutes les industries, tous les métiers (déjà ceux des copains ça sera pas mal…) mais on ne peut pas laisser les fonds spéculatifs s’abattre sur une entreprise, la dépecer et la vendre, en disant que c’est la mondialisation, qu’on y peut rien : ce n’est pas vrai» ; « On peut être parfaitement libéral et dire : nos entreprises on les défend ». Je pensais pourtant que le libéralisme était une doctrine prônant la liberté d’entreprendre et l’absence d’intervention de l’Etat… Mais peut-être que je me trompe. En tous les cas, Sarkozy a chargé la caisse des dépôts de trouver une véritable stratégie, « bien sûr avec son indépendance mais une véritable stratégie ». Ce qui est bien avec notre Président, c’est qu’il jette de vagues idées en l’air et que c’est à ses « collaborateurs » de travailler à trouver des solutions concrètes.
Et pour finir ce paragraphe « travail », revoici la politique de civilisation (vous ne croyiez tout de même pas que vous alliez y échapper ?). En effet, Sarkozy va moraliser (sic) le capitalisme financier et pour cela il prendra des initiatives (lesquelles ? Bonne question…) quand la France sera à la présidence de l’Union Européenne au 2ème semestre 2008.

Union européenne et politique internationale

Là encore beaucoup de vœux pieux mais peu d’orientations concrètes, mais on commence à s’habituer.
Comme la France, l’UE a besoin d’une politique de civilisation. A la fin de la présidence française, Sarkozy souhaite que l’UE possède :

-une politique d’immigration
-une politique de la défense
-une politique de l’énergie
-une politique de l’environnement

Il va falloir bosser pendant six mois, surtout si on ajoute à ces grands projets la réforme de la Politique Agricole Commune…

Notre Président s’attellera également à nous promouvoir à l’échelle européenne et même à l’échelle mondiale pour faire rayonner les valeurs qui sont les nôtres. Et on peut dire qu’il a bien commencé : on n’avait jamais entendu autant parlé de la vie privée d’un président de la République française à l’étranger avant lui.

Le G8 est une organisation qui ne fonctionne plus, comme le dit lui-même Nicolas Sarkozy. Pour lui redonner un coup de fouet démographique, il souhaite accueillir cinq nouveaux grands pays : la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud. En effet, au jour d’aujourd’hui, le G8 ne représente que 13% de l’effectif de la population mondiale (et 65% des richesses produites). Mais ne faudrait-il pas plutôt s’interroger sur la légitimité et l’utilité de ce club très privé ?
Il en va de même pour le Conseil de Sécurité des Nations Unies : ses cinq membres permanents, la Chine, les USA, la Russie, la France et le Royaume-Uni, ne sont plus suffisamment représentatifs du monde actuel. La France « mettra tout en œuvre, sera l’avocate de ces pays » : l’Allemagne, le Japon, le Brésil, l’Inde et un grand pays africain pour les faire rentrer dans le cercle fermé du Conseil de Sécurité. Quels seront les critères de choix ? Quelle sera la représentativité de ces pays ? Pourquoi l’Allemagne plutôt que l’Italie ou un autre pays européen ?
Le Président évoque aussi la nécessité de repenser le FMI et la Banque mondiale au moment même où des pays d’Amérique du Sud créent leur propre banque internationale. Initié par le Venezuela et l’Argentine, suivis par la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay et l’Uruguay, ce projet ambitionne de s’affranchir de la tutelle des institutions financières internationales. Il s’agit d’un véritable pied de nez à la toute puissance Etats-Unienne et sans doute d’un exemple à suivre pour d’autres régions du monde.

Immigration

Pour notre Président, seule la politique des quotas peut apporter une réponse aux différents problèmes de l’immigration. « Tout le monde sait que c’est la seule solution. Il faut arrêter de vouloir protéger les uns, ne pas choquer les autres… avec ça on a que des catastrophes ». C’est vrai ça ! Pourquoi vouloir protéger les plus faibles, les plus démunis alors qu’il est si simple et généreux de leur offrir une place dans un charter ? Et tant pis si ça choque ces réac’ de droits de l’hommistes ! Vous savez de quand elle date la déclaration des Droits de l’Homme ? De 1948 ! On est au 21ème siècle, alors si on continue à respecter les textes du 20ème on est mal barrés… Bon d’accord il ne l’a pas dit, c’est pour ça que je n’ai pas mis de guillemets…

Ca par contre il l’a dit : « fonder l’immigration sur une politique de co-développement » : c’est sûr que c’est en allant chercher la main d’œuvre qualifiée et tous les cerveaux disponibles dans les pays pauvres qu’on va les aider à se développer.

Et ça aussi il l’a dit : « Mais enfin que les choses soient parfaitement claires : la diversité ne doit pas avoir lieu chez nous et les fermetures d’églises ailleurs. La diversité elle est bonne pour tout le monde ». Et surtout pour les autres et chez les autres. On veut bien reconnaître aux Musulmans les mêmes droits religieux qu’aux autres tant que leurs mosquées ne font pas d’ombre aux églises. Ce n’est quand même pas de leur faute si plus personne ne veut devenir curé et que les Catholiques ne vont plus à la messe…

« Diversité, réciprocité » : la nouvelle devise de la France. Pour la diversité je veux bien, mais la réciprocité ça me paraît un peu trop marchand comme terme. J’aimais bien le grand classique « liberté, égalité, fraternité » mais le Président avait l’air tout fier de ces deux mots alors je ne sais pas si on pourra y échapper.

Un mot sur Khadafi

« Il a indemnisé les victimes du terrorisme et libérer des otages », nous nous devons donc de l’accompagner sur le chemin de la respectabilité : parties de chasse entre nobles, dîners… Effectivement, la Libye a payé une amende pour dédommager les victimes de l’attentat contre un boeing américain et elle a libéré des prisonniers qu’elle avait elle-même enfermés, torturés et condamnés à mort… Belle preuve de démocratie !

Pour finir : les pseudos vœux à la presse

Je pense que ça peut se passer de commentaires… Voici le texte brut :

« Je m’aperçois que je ne vous ai pas encore présenté de vœux. Ce n’est pas parce que je ne les pense pas, mais je vous vois si heureux et si épanouis dans les commentaires qui sont les vôtres, que je me suis dit : c’est inutile de leur présenter des vœux. Enfin, quand même ! A la fin de mon petit propos… Malgré tout ils sont sincères ! »

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (2 sur 7) Education, ville, audiovisuel, santé et travail

Education

« L’éducation est ce qu’il y a de plus essentiel pour l’avenir », je pense que personne ne dira le contraire. Pour cela il faut des mesures nouvelles, concrètes, Sarkozy ne nous en donne aucune. Sauf qu’il suivra les principes de sa politique de civilisation (vous savez : Travail, famille, patrie…) car les jeunes sont l’avenir de notre civilisation. Vrai, mais pour ma part, je ne me vois pas comme faisant partie de l’avenir qu’il imagine pour nous.


Il donnera la priorité à l’école primaire. Bien, mais il nous dit aussi que ça prendra du temps pour être mis en œuvre et produire des effets. Donc ce n’est pas pour demain et pourtant il y a urgence, car les enfants qui ne possèdent pas les bases en lecture et écriture ne peuvent pas bénéficier d’une scolarité enrichissante et accumulent les lacunes et les retards dans tous les domaines.
Il nous parle aussi de la profonde rénovation de l’Université. Bien que la loi Pécresse soit passée discrètement à l’Assemblée cet été, ce n’est un scoop pour personne : l’université française se dirige d’un pas sûr vers le modèle élitiste américain. J’attends avec « impatience » de voir la sélection des dix premiers grands projets de rénovation universitaire qui seront dévoilés cette année.

On ne sait pas ce qu’il va faire, mais on sait déjà « qu’il ne renoncera pas et ne reculera pas, car à force de reculer on en revient au point de départ ». Il y a sans doute des raisons de s’inquiéter…

Ville

Il s’agit d’un "sujet politique majeur" (comme tous les autres…) auquel Nicolas Sarkozy veut apporter "une réponse française". Qu’est-ce que cela signifie ? Je ne sais pas trop, peut-être qu’il ne faut surtout pas s’inspirer de ce qui fonctionne à l’étranger. En tous cas, il veut faire de la France un leader en urbanisme et en architecture mais nous n’en saurons pas plus sur les objectifs et les méthodes dans cette conférence. A suivre…

Audiovisuel public

Le Président veut lancer, selon ses propres mots, « une rénovation sans précédent de l’audiovisuel public, une révolution culturelle dans le service public de la télévision ». Pour cela il propose de revoir profondément le cahier des charges des chaînes publiques et d’en supprimer totalement la publicité. Le financement s’effectuerait grâce à une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et une taxe « infinitésimale » sur le chiffre d’affaire des nouveaux moyens de communication comme l’accès à Internet ou la téléphonie mobile.

La publicité rapporte 833 millions d’euros par an à France Télévisions soit 40% de son financement. Et la disparition de la pub libérera 3h20 d’antenne par jour qu’il faudra bien remplir par des programmes (à acheter ou produire…) soit un coût de suppression de la publicité d’un milliard d’euros par an. Le problème c’est que les deux taxes précédemment citées sont loin de compenser le manque à gagner.
Aujourd’hui, pour appliquer l’engagement surprise du Président à l’horizon 2009, le gouvernement envisage de taxer devinez qui ? Mais évidemment, la population française dans son ensemble ! Les chaînes privées pourront continuer à s’engraisser tranquillement tandis qu’encore une fois les Français verront leur pouvoir d’achat s’effriter. En effet, ils devront s’acquitter d’une nouvelle taxe de 1 à 2% sur les produits électroniques.


De plus, je ne suis pas certaine que la suppression de la publicité permettra de répondre à l’objectif du service public audiovisuel qui est d’offrir au plus grand nombre un accès à la culture et à des programmes de qualité. Pour atteindre ce but il faut des moyens financiers importants. Et libérer totalement les chaînes publiques des contraintes d’audience n’est pas forcément une idée aussi salvatrice qu’elle peut le paraître. Bien sûr cela permettra de traiter des sujets qui auparavant étaient considérés comme « pas assez vendeurs ». Mais cela peut induire le biais inverse, en rendant les programmes trop élitistes et le public visé trop restreint. La télévision publique n’assurera alors plus son rôle de mise à disposition au plus grand nombre de la culture.
Je suis consciente qu’il faut revoir le cahier des charges de France Télévisions car la ressemblance des programmes avec ceux des chaînes privées est de plus en plus flagrante. Mais la solution n’est pas de faire des jolis cadeaux aux amis de Sarkozy et de taxer encore une fois les Français.

Santé

Nicolas Sarkozy veut s’attaquer au problème de l’hôpital car « l’hôpital est en déshérence et les 35 heures lui ont porté le coup de grâce ». Voici les quelques idées qu’il propose :


-Réformer la gouvernance de l’hôpital
-Faire des hôpitaux des lieux d’accueil pour les personnes âgées qui ne trouvent pas de structures adaptées : des maisons de retraite à l’hôpital mais avec quels lits ? Ne manque t-on déjà pas de places ?
-Garantir à tous un égal accès à la qualité des soins quelques soient les moyens de chacun : en instaurant de nouvelles franchises médicales comme le propose le rapport de la Commission Attali sur la relance de l’économie ?
-Amélioration des services d’urgences
-Aide aux jeunes médecins à s’installer dans les cantons ruraux et en banlieue

Les moyens d’atteindre ces objectifs sont peu explicités dans ce discours.

Le Sarko show du 08 janvier 2008 (1 sur 7) Politique de civilisation et environnement


La politique de civilisation

Ce thème déjà évoqué lors des vœux aux Français le 31 décembre 2007, est au cœur du discours pendant toute la durée de la conférence. « Pour que la France soit l’âme de la nouvelle renaissance dont le monde a besoin », un objectif abstrait, ambitieux, si ce n’est prétentieux, et qui ne signifie pas grand chose. Nicolas Sarkozy souhaite « faire de notre démocratie, une démocratie irréprochable ». En invitant les dictateurs et en félicitant les tricheurs ?


Petite définition avec les mots du Président : « la politique doit être habitée par un idéal humain. La politique de civilisation d’Edgar Morin est une politique de la vie, de l’Homme, nécessaire pour reconstruire des repères, des normes, des règles, des critères » (d’évaluation ?). « Elle doit permettre de réhumaniser la société bouleversée par la science, la technique, la globalisation, les dérives du capitalisme… » En un mot : la modernité ; mais depuis quand Sarkozy est-il contre la mondialisation et l’argent roi ? Serait-il en train de virer communiste ? Mais non ! Fausse alerte, car quelques phrases plus tard, alors qu’il nous expose ses valeurs, il nous enseigne qu’ il faut « apprendre à nos enfants à aimer ce qui est beau et grand ». Les montres en or, les yachts, les palaces… Ca c’est une valeur essentielle et absolument non matérialiste. Cependant, Sarkozy n’oublie pas les valeurs nationalistes et chrétiennes : « La politique de civilisation passe par un ressourcement identitaire, une moralisation de la société ». Travail, Famille, Patrie, c’est du déjà vu, alors notre président en campagne trouve d’autres mots pour en parler.

Environnement

Selon Sarkozy, « le Grenelle de l’Environnement n’a pas été (seulement ???) une opération de communication, il sera respecté scrupuleusement et c’est un tournant politique majeur. » Seul le sujet de la culture des OGM est évoqué, et sans doute seulement parce que la Haute Autorité se prononce sur la culture du maïs génétiquement modifié MON 810 le lendemain. La clause de sauvegarde suspendant la culture de cette plante a d’ailleurs été saisie depuis. Cependant, le Président insiste sur le fait qu’il ne faille pas prendre de décision hâtive sur la question des OGM. Pourtant au début de son discours il affirmait que « l’urgence est partout, je m’étonne qu’on puisse trouver que ça (les réformes) aille trop vite ». Mais peut-être que ce principe d’action rapide ne s’applique qu’aux gros chiens mangeurs de petits enfants et autres évènements touchant la corde sensible du grand public (et faisant faire des pics d’audience à TF1).
Ce thème de la protection de l’environnement ne sera plus abordé lors de cette conférence…

Coup d'essai

Bonjour,

Passionnée par la politique et l'environnement, j'espère que vous serez indulgents avec mon premier blog. J'attends avec impatience vos avis sur les sujets d'actualité !


Il y a bien des manières de ne pas réussir, mais la plus sûre est de ne jamais prendre de risques

Benjamin FRANKLIN