La citation du moment

"Les femmes préfèrent être belles plutôt qu'intelligentes, parce que chez les hommes, il y a plus d'idiots que d'aveugles" - Yvonne PRINTEMPS

mardi 19 février 2008

L'offensive des Eglises en Europe

Extraits d'El Pais (journal espagnol) dans Courrier International n°901

(du 07 au 13 février 2008).




Le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours à la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome. "Un homme qui croit, a dit le président français, est un homme qui espère. L'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent." Sarkozy semblait donner raison à ceux qui pensent que la religion se justifie par son utilité, par sa capacité à préparer les citoyens à endurer avec résignation les épreuves auxquelles les soumet un monde paradoxal. Mais le président est allé plus loin : "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration de l'homme à l'infini." Et il a conclu son attaque de la culture laïque par ces mots : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance". Sarkozy visait ainsi directement l'institution fondamentale de la laïcité républicaine : l'école. Quelques jours plus tard, le 14 janvier, dans un contexte très différent, à Riyad, devant le Conseil consultatif d'Arabie Saoudite, Sarkozy s'est de nouveau prononcé pour la restauration religieuse. Voilà un vieux programme remis au goût du jour par les droites européennes : le gouvernement gouverne à sa guise et les Eglises étanchent la soif d'espérance des citoyens.
Le 13 septembre 2006, le pape Benoît XVI a prononcé un important discours à l'université de Ratisbonne. Ratzinger invitait les religions du Livre - dont l'Islam - à occuper l'espace laissé vacant par les idéologies modernes et à profiter de ces temps d'incertitude et de changement pour revenir sur le devant de la scène politique. Il donnait en exemple l'Eglise catholique, capable de concilier la foi et la raison. Ce signal a été interprété comme un ordre par la hiérarchie catholique de certains pays, celle de l'Espagne notamment qui s'est vue légitimée dans la croisade qu'elle mène contre le gouvernement en collaboration avec l'opposition de droite.
Peut-on parler d'un retour du religieux dans les sociétés laïques du monde développé ? S'agit-il d'un phénomène passager ou d'un changement de fond, comme si la croisade du président Bush trouvait un écho en Europe ? Nous avons probablement affaire à un épiphénomène du processus de mondialisation. Le monde étant beaucoup plus petit du fait que les idées, les marchandises, l'argent et, dans une certaine mesure, les personnes circulent plus facilement, la concurrence sur le marché des âmes se fait particulièrement âpre. Par le passé, les principales religions jouissaient d'une situation de monopole sur leurs territoires respectifs. Désormais, il sera de plus en plus difficile de défendre ses droits d'exclusivité sur tel ou tel pays, tel ou tel espace supranational. L'Eglise catholique est défiée sur son propre territoire par des Eglises protestantes de plus en plus riches et expansionistes, ainsi que par différentes familles de l'Islam, revenu sur les terres dont il avait été expulsé. Elle est aussi bousculée par les sectes, les religions à la carte, les Eglises fast-food, les produits de spiritualité orientale, et même par la littérature de développement personnel destinée à des citoyens en mal de repères. Le marché est devenu très concurrentiel et il faut défendre sa paroisse sans trop de scrupules.
Enfin, la transformation de la lutte antiterroriste en choc des civilisations a redonné aux religions toute leur prééminence. Le concept de civilisation confère à la religion le caractère d'élément identitaire déterminant. "Je ne connais pas de pays, a dit Sarkozy à Riyad, dont la civilisation n'ait pas de racines religieuses."
Le plus étonnant est que cette réapparition du religieux a lieu au moment où, comme l'écrit le philosophe et historien Marcel Gauchet, "pour la première fois, notre compréhension temporelle de nous-mêmes - je parle de la compréhension spontanée, quotidienne, pratique - est réellement et complètement soustraite à l'immémoriale structuralisation religieuse du temps." Au moment où la laïcité semblait être - et c'est en partie le cas - une valeur acquise dans les sociétés avancées.
Qu'est-ce qu'un pays laïc ? Un Etat où les Eglises ne peuvent pas déterminer l'action du pouvoir politique, et où celui-ci ne peut pas s'ingérer dans les affaires des Eglises, sauf dans le cas où elles désobéissent à la loi. Et, bien entendu, l'Etat n'a pas à se mêler des questions théologiques ou des principes doctrinaux.
Les religions se situent en dehors de toute possibilité critique. Elles entendent avoir l'exclusivité de la vérité et l'imposer à tous les hommes. "Que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l'étoile de l'espérance ?" : voilà une question impérative que pose le pape Benoît XVI dans l'encyclique Spe salvi. Pour les religions, la légitimité du pouvoir émane de Dieu et non des hommes. Ces trois caractéristiques les rendent incompatibles avec les fondements du système démocratique. Aussi faut-il les maintenir en marge des décisions politiques. L'alibi religieux n'est pas un argument pour échapper aux lois démocratiques. Et, cependant, la liberté d'expression et de croyance est un principe fondamental de l'Etat démocratique. C'est pourquoi il ne doit pas intervenir dans les idées religieuses. C'est cette nette répartition des rôles qu'une nouvelle sainte alliance de la droite et de l'autel voudrait remettre en cause en Europe.


Josep Ramoneda

lundi 18 février 2008

Radio Bistrot par Anne Roumanoff



Après son sketch, désormais célébrissime, sur la droite cassoulet ("une petite saucisse entourée de fayots"), Anne Roumanoff ne se lasse plus de tacler les hommes et femmes politiques du moment. Pour notre plus grand plaisir.

Au menu :

La Société Générale
Sarkozy
Royal
Le couple improbable Boutin/Amara


Une note d'humour pour affronter la déprime ambiante !

dimanche 17 février 2008

Sarkozy veut « respiritualiser » la France



"L’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur et le curé. Il devra s’en rapprocher…" (Visite au Vatican, 20/12/07), "Dieu transcendant dans le cœur et l’esprit de chaque homme" (Discours en Arabie Saoudite, 14/01/08), "Le drame du XXe siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence" (Dîner du Crif, 13/02/08), pour ne citer que quelques unes des perles de Sarkozy.


Depuis deux mois, le Président fait l’éloge des religions et des valeurs morales qu’elles défendent, abandonnant ainsi la neutralité inhérente à sa fonction et bafouant le principe de laïcité en affirmant que les religions ne sont pas un danger mais un atout. Par ses propos, il affirme la supériorité des croyants sur les non-croyants. Cette conception, déjà développée dans son livre, "La République, les religions, l'espérance", publié en 2004, a été dénoncée par la Gauche, mais aussi par le président du MoDem, François Bayrou, comme une remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, pierre angulaire de la laïcité. "Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse. Ma conviction est qu'elles sont complémentaires", s'est récemment défendu Nicolas Sarkozy. Mais si elles sont complémentaires, cela signifie qu’aucune ne se suffit à elle-même, et qu’il est irresponsable de faire le choix de ne pas se plier aux préceptes d’une religion gage de moralité…


S’agit-il "simplement" de rassurer (et par la même récupérer) l’électorat conservateur effrayé par les couvertures sur papier glacé et les publicités sulfureuses pour voiture de la première dame de France ? Ou y a t-il une réelle menace pesant sur la loi de 1905 ? En tous les cas, cela a de forts accents néoconversatistes religieux en provenance d'Amérique du Nord. Modèle américain qui inspire fortement notre Président dans de nombreux domaines…
Cela explique sa bienveillance passive pour les sectes, et en particulier, l’Eglise de Scientologie, comme cela se fait Outre-Atlantique. Nicolas Sarkozy a reconnu ne pas avoir d’opinion arrêtée sur une secte pourtant maintes fois dénoncée. Dans son livre sur la République et les religions, il considère qu'il faut refuser les "amalgames" entre les sectes et les "nouveaux mouvements spirituels". Or, la Scientologie use de tout son pouvoir de lobbying (et elle en a…) pour être universellement reconnue comme un "nouveau mouvement spirituel".


Une religion universelle est une secte qui a réussi. Le christianisme lui-même fut une secte détachée de la religion juive. Séduire du monde pendant longtemps permet à une religion de gagner ses lettres de noblesse.
A ce titre, les sectes religieuses sont tolérées en France mais surveillées par la « Mission de surveillance et de lutte contre les dérives sectaires ». car ce sont parfois des repères d’escrocs voire des écoles de terroristes. Cependant, ce régime de liberté surveillée risque de disparaître car Michèle Alliot-Marie projette de supprimer cet organe pourtant indispensable pour prévenir les dérives les plus répréhensibles. Elle souhaite mettre en lieu et place une campagne de répression stricte de tous les délits et infractions, même les plus mineurs. Cela aboutira à réprimer des individus sans tenir compte de leur appartenance à telle ou telle secte. Mais cette apparente sévérité ne touchera que les petites sectes. En effet, les grandes sectes, internationales, aux moyens financiers très importants et aux influences considérables dans les milieux politiques, la Scientologie ou les Témoins de Jéhovah pour ne pas les citer, auront les moyens de s’épargner les poursuites judiciaires et profiteront de la bienveillance à leur égard pour se livrer au prosélytisme.


Comme le dit Cavanna, "il est certain qu’il y a collusion entre le pouvoir actuel et certaines grandes sectes (sans parler de l’Eglise) (…). La laïcité – comme la démocratie – n’est jamais acquise. C’est un combat permanent." Il faut donc veiller à ne pas baisser la garde. Et Valérie Pécresse a beau affirmer qu’il s’agit de vieilles recettes de la Gauche pour déstabiliser les pouvoirs de droite, gardons les yeux grands ouverts et mobilisons-nous au moindre texte visant à amoindrir cette grande valeur française : la laïcité.

lundi 4 février 2008

Pourquoi je suis contre la peopolisation de la politique


Pas besoin de mots, ce dessin satirique suffit totalement à illustrer mon avis ! Donc pas la peine de chercher les dernières news sur la vie privée de Sarkozy... ou de qui que soit d'autre, sur ce blog.

vendredi 1 février 2008

Un moteur de recherche solidaire : Veosearch


Pour tous ceux qui soutiennent la cause du développement durable et de l'économie solidaire, voici le moteur de recherche VeoSearch : déjà plus de sept millions de recherches et près de 13000 euros collectés.


Ce moteur de recherche reverse en effet 50 % de ses revenus publicitaires aux projets associatifs de développement durable choisis par les internautes qui l'utilisent. Son but n'est pas spécialement d'innover côté technique - il se base sur Yahoo, Exalead, Google ou Ask suivant le choix du visiteur, mais bel et bien d'apporter un don pour chaque recherche effectuée via son portail. Les visiteurs peuvent choisir jusqu'à cinq projets afin de ne pas trop disperser les montants générés par leurs recherches.


" Fortement développée dans les pays anglo-saxons, l’e-solidarité connaît également un fort développement en France. De nouveaux donateurs aux pratiques solidaires émergent sur la toile : plus informés, plus urbains, plus jeunes et plus actifs. Ce rajeunissement du profil type du donateur correspond incontestablement à un public plus réceptif et plus réactif, en phase avec la technologie du Web. VeoSearch permet à tous de s’engager simplement et efficacement pour le développement durable ", ont déclaré Arthur Saint-Père et Guillaume Heintz, fondateurs du portail VeoSearch.


Le portail arbore une page Projets (une petite vingtaine actuellement) qui permet au surfeur solidaire de visionner des vidéos rendues disponibles par les organisations non-gouvernementales et ainsi d'explorer les différentes actions de celles-ci. VeoSearch offre donc aux ONG le moyen d'informer et de sensibiliser les internautes à ces questions de développement durable.


Côté associations, VeoSearch s'est déjà associé avec des groupes comme :

-Acted
-Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF)
-Aide et Action
-ATD Quart-Monde
-Sidaction
-WWF


Un moyen simple et efficace de soutenir les actions de son choix, surtout quand on n'a pas les moyens financiers de le faire de façon direct. Et surtout, souvenez vous en, cela ne change pas vos habitudes de recherche sur le web : vous pouvez toujours utiliser votre moteur préféré !


http://www.veosearch.com/